A Paris, dernière
date de la tournée Européenne 2003 (dans 10 pays)
en solo et unique passage
en France. Il ne fallait donc pas le manquer ! Malgré les
rumeurs, le public était présent, et le
spectacle aussi.
20H30, pas encore de Neil Young sur scène, mais 3 guitares
Martin autour du fauteuil, un
micro, un piano bar, son harmonium et un imposant piano à
queue !
Enfin, Neil Young arrive, toujours aussi serein. Il dépose
sa bière, gratte quelques notes et
commence à parler longuement, très longuement (rare
de sa part, d’autant plus étonnant qu’il va presque
autant parler que jouer durant la première partie). La raison
est simple et tient
dans le nouveau concept que nous pourrons découvrir avec
son prochain album : « Greendale ».
Greendale
Neil Young nous conte alors l’histoire de Greendale, petite
ville de la côte est américaine. Et oui, toute la première
partie sera la vie de cette ville, et en particulier de la famille
Green qui y tient un ranch.
Pendant une heure et demie Neil Young a raconté et a chanté
cette histoire. Cependant, je ne
surprendrai personne en disant que la plupart des Français
ne parle pas anglais couramment, la
première partie a pu donc paraître longue pour beaucoup.
D’ailleurs, d’une énorme impolitesse, mais peut-être
représentative d’une partie de la salle, quelqu’un
a crié à Neil Young « you speack too much !!
», mais heureusement cela ne l’a pas perturbé
dans la suite des aventures de la famille Green.
(Retrouvez la traduction de cette histoire en fin de page)
Il faudra bien entendu attendre la sortie prochaine de l’album
pour mieux comprendre cette histoire (voir ci-dessous l’actualité
de Neil Young) mais après diverses discussions, on se
rend compte que cet album pourrait représenter un concentré
des idées et des notions qui sont chers à Neil Young
: la guerre, la famille, l’amour etc.... De plus il a profité
de cette histoire pour nous faire part de son avis sur des sujets
d’actualité comme le "froid" entre français
et américains suite à la guerre en Irak sur lequel
il a dit «Vive les différences (en français
SVP !)
Musicalement, cette première partie sonne très bluesy,
mais cela reste du très classique et on voit que Neil Young
a préféré concentrer ses efforts sur les paroles.
Cependant, cela reste bien sûr de la très bonne facture,
et certains morceaux sont réellement sublimes tant par la
mélodie que par la voix, une voix d’une douceur, d’une
naïveté, ou d’une violence inédite chez
cet artiste ! Tour de force : le « Granpa’s interview
», où il n’hésite pas a prendre la voix
d’un vieillard pour chanter !
Le son et les guitares
L’acoustique du Palais des Congrès est énorme
!. Le moindre grattement et la moindre corde qui
vibre étaient perceptibles, et que dire de plus sinon qu’un
son d’une telle justesse est frissonnant, étant donné
le type de jeu tout en nuance de Neil Young.
D’ailleurs, son type de jeu si particulier (frappement des
cordes avec la paume de la main,
petites notes aigües et basses roulantes) est utilisé
avec génie, peut-être le summum de l’art
acoustique de Neil Young que ce Greendale finalement.
Pour cela, trois Martin se passent le relais, dont sa Vintage avec
le E (mi) basse descendu en D (ré). Très souvent utilisée
durant cette première partie, il n’hésite pas
à tirer sur le D jusqu’à parfois le faire rouler
à l'extrème.
L’émotion est là, le son aussi. Presque toutes
les chansons de cette première partie sont jouées
aux doigts, sans médiator... l'harmonica, bien sûr,
est toujours présent et
apporte une force supplémentaire.
Les classiques
Entracte de 15 min. Le bar de l’amphithéâtre
est dévalisé et plus de bière au bout de 2
min ...
Retour
à nos places. Neil Young revient. Sur scène, deux
Martin et une Gibson J200 sunburst. Tout le monde sait déjà
qu’après cette première partie « inédite
», il a prévu de nous jouer des « anciens »
morceaux.
Oui mais lesquels ? Un Lotta Love d’une rare justesse,
pourtant vieux
de presque 30 ans ! Un Expecting to Fly uniquement au piano
à queue dans une version où il se frotte à
de légères notes aigües pour lui donner un coté
« aérien ». Rien à dire de spécial
sinon qu’il s’agit d’une formidable version d’une
déjà formidable chanson !
Old man, classique des classiques sur sa Gibson J200 sunburst
qui donne à cette chanson une sonorité « vieux
folk », avec un son plus métallique, moins puissant
avec parfois des allures de mandoline. Toujours aussi agréable
à entendre avec des variantes dans le flat-picking, le médiator
est de retour !! Don’t Let It Bring You Down, encore
un grand classique mais dans une version pertubée par quelques
petites erreurs. Ensuite, Winterlong sur sa Taylor 12 cordes
(qui n'est pas sur scène et qu'il demande) avec un riff final
d’une grande douceur.
Puis After the Fold Rush au Piano où il nous joue
une version décousue et «a-rythmée » en
jouant chaque note des accords décalée, ce qui donnait
une atmosphère oppressante à cette chanson toute naïve
initialement. Et pour finir War Of Man en (D A D G B D) avec
un jeu très agressif lors du chorus ! Reste l’anecdotique
Heart Of Gold pour le rappel où il n’y a pas
grand-chose à dire si ce n’est que certaines variantes
dans son jeu lui apporte plus de couleur.
Alors ?!!
Deuxième partie décevante
? Oui et non. Nous avons eu le droit à beaucoup de grands
classiques, de quoi plaire à tout le monde mais pas satisfaire
un inconditionnel. Cependant, nous avons été gratifiés
de 10 nouvelles chansons dans la première partie, donc l'équilibre
est réalisé !
A noter aussi, après discussions
avec des amis, que le choix de la set list de la deuxième
partie ne
parait pas si arbitraire que cela. On y retrouve de nombreuses notions
que l’on avait déjà entendues dans Greendale.
Avec du recul, ce concert était
grandiose. D’abord il a duré plus de 2h30 ! Ensuite
nous avons eu le
droit à tout un nouvel album (concept album même) et
finalement, le son était d’une pureté et les
guitares remarquables (15 chansons sur 18 ont été
interprétées à la guitare). Mais comme on le
dit souvent pour Neil Young « live music is better !!! »
Première partie “Greendale”:
1 - Falling From Above
2 - Double E
3 - Devil’s Sidewalk
4 - Leave The Diving
5 - Carmichael
6 - Bandit
7 - Granpa’s interview
8 - Bringin’ Down Dinner
9 - Sun Green
10 - Be the Rain
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Deuxième partie :
11 - Lotta Love
12 - Expecting To Fly
13 - Old Man
14 - Don’t Let It Bring You Down
15 - Winterlong
16 - After The Gold Rush
17 - War Of Man
Rappel :
18 - Heart of Gold
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Nicolas
DENOUAL responsable du site consacré à Neil Young
http://intotheblack.ploer.net/
A lire :
L'histoire de cette soirée
traduite dans les grandes lignes par Franck Playe
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